10 anni dopo, la Zona di Libero Scambio tra la Tunisia e l’Unione Europea è un “fallimento”, scondo la FTDES – Français et italien versions

l’original ici

Una denuncia della FTDES circa gli accordi economici di natura neocoloniale tra L’UE e la Tunisia.

traduction en italien:

10 anni dopo – Il fallimento del libero commercio con l’UE.

Non riprodurre gli errori del passato!

Dieci anni fa, il 1 gennaio 2008, è entrata in vigore la zona di libero scambio (FTA) tra la Tunisia e l’Unione europea. Conformemente all’accordo di associazione del 1995, è stata completata l’abolizione dei dazi doganali su tutti i manufatti europei in ingresso in Tunisia.

Ora è essenziale conoscere le conseguenze di questa politica sul paese. Ad oggi non è stata completata alcuna valutazione globale dell’accordo di associazione. Chiediamo pertanto una valutazione indipendente e approfondita, commissionata dallo Stato tunisino, sulle conseguenze per i tunisini dell’accordo di associazione con l’UE. E questo in relazione agli obiettivi che aveva fissato, in termini di conseguenze per i diritti economici, sociali e ambientali, e tenendo conto delle disuguaglianze sociali e territoriali.

Già, e sebbene diversi fattori abbiano influenzato questi sviluppi, va ricordato che dall’inizio dell’attuazione dell’accordo di associazione:

– L’equivalente del salario di 60.000 insegnanti è stato perso a causa della riduzione dei dazi doganali, vale a dire il 2,4% del PIL o 1/10 del reddito dello Stato. Questo calo di reddito è stato compensato da aumenti delle tasse, che i tunisini hanno percepito direttamente.

– Il 55% del tessuto industriale tunisino è stato perso tra il 1996 e il 2013.

– La disoccupazione non è diminuita ed è esplosa per i giovani laureati. L’economia tunisina si è specializzata in attività a basso valore aggiunto.

– La crescita dell’economia non ha superato il limite del 5%.

– L’AFC non ha avuto un impatto significativo sulle esportazioni verso l’UE, ma ha aumentato in modo significativo le importazioni. La bilancia commerciale si è deteriorata bruscamente.

– Gli investimenti stranieri si sono concentrati sulla costa, esacerbando le disuguaglianze territoriali, sotto un regime offshore per rimpatriare gli utili in Europa.

Dal 2015, l’Unione europea ha sollecitato la Tunisia a negoziare un nuovo accordo di libero scambio, l’accordo di libero scambio globale e completo (CAFTA). Questo ALECA coprirebbe tutti i settori dell’economia, compresi l’agricoltura, l’energia oi servizi, che sono settori chiave dell’economia tunisina. Tuttavia, questi ultimi, in particolare l’agricoltura, non sembrano in grado di far fronte alla produttività europea, che è sette volte superiore nel caso di un’agricoltura massicciamente sovvenzionata.

Tale apertura spingerebbe la Tunisia a specializzarsi nei prodotti di esportazione e ad essere totalmente dipendente dalle importazioni europee. Ciò potrebbe significare molte perdite di posti di lavoro in Tunisia, mentre la disoccupazione è un problema chiave. Tanto più che l’apertura dei mercati tunisini a società straniere non sarà soggetta all’obbligo di assumere personale a livello locale, di sostenere il tessuto industriale locale o di trasferire tecnologie.

L’accordo darebbe anche maggiori diritti alle compagnie straniere, condizionando le future politiche pubbliche tunisine per proteggere i loro investimenti, a scapito delle misure di sanità pubblica, protezione ambientale o assistenza sociale.

Infine, i negoziati non comprendono la facilitazione della libera circolazione delle persone, compresi i lavoratori, mentre è un diritto fondamentale e indispensabile per garantire opportunità ai tunisini in Europa.

Il progetto di ALECA rappresenta quindi un rischio per la situazione economica e sociale in Tunisia, per i diritti dei cittadini tunisini e per la sovranità del paese.

In occasione di questo anniversario, avvertiamo la società civile, i cittadini tunisini ei suoi rappresentanti di essere a conoscenza dei problemi del libero scambio, di chiedere una valutazione approfondita dell’accordo di associazione e di mobilitarsi contro il progetto. di ALECA proposto dall’Unione Europea. Ribadiamo il nostro impegno per la sovranità dei popoli, la loro libertà, i loro diritti alla dignità, l’occupazione, la libertà di movimento e un ambiente sano.

Forum tunisino per i diritti economici e sociali

Presidente Messaoud ROMDANI

 

Hessebhom, contre l’impunité des policiers

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Pour la traduction en italien voir a la fin de cette article

article original ici: gnet.tn

La campagne “Hassebhom” avait déjà débuté en 2015. Les membres, issus de différentes composantes de la société civile ont pour objectif de faire valoir les droits des citoyens agressés, avant, pendant et après la révolution par les forces de l’ordre. Le mouvement a cette fois mis l’accent sur le projet de loi de répression des agressions des forces armées, qui « ne doit en aucun cas être adoptée».

« Que dit cette loi ? En résumé : c’est un projet contre les libertés. C’est une humiliation pour Tunisie nouvelle de parler de telles aberrations. Nous rappelons que les agents de la police sont d’abord des citoyens qui doivent se plier aux lois comme tout le monde. Notre position n’est pas hasardeuse et s’appuie sur des faits concrets. Ce sont des agents corrompus qui ont fondé ces syndicats pour se protéger. Nous demandons à toutes les forces vives de la Tunisie de bouger pour lutter contre ce projet de loi tout simplement scandaleux », a déclaré Lina Ben Mhenni.

L’activiste, qui au passage a remercié le SNJT qui a abrité cette conférence et s’est interrogée : “Le décor à l’extérieur n’est pas sans rappeler les pires périodes de Ben Ali. Les policiers sont un peu partout, mais nous continuerons notre combat”. Ce projet de loi est, pour Ben Mhenni, une insulte au parcours de la révolution et un « nouveau coup bas pour le processus démocratique ». Pour elle, tout comme les membres de cette campagne, cette loi ne permettra jamais de lutter contre le terrorisme : “Les terroristes ne reconnaissent pas l’Etat. Ce n’est donc pas cette loi qui va aider à les neutraliser”.

Ben Mhenni met ensuite en garde contre l’adoption de cette loi, qui, entre autres, pourrait permettre aux agents des forces de l’ordre de “se venger” pour “des problèmes personnels”. Elle explique : “Si un citoyen a un différend avec son voisin policier, il peut finir en prison pendant cinq années, sans qu’il ne puisse rien contester. C’est vous dire la gravité de la chose”.

Le principal combat de la campagne est de mettre fin à l’impunité des policiers : “Ils enfreignent les lois au quotidien. Agressions dans les stades, violences envers les citoyens dans la rue, agressions sexuelles. Mais personne n’a jamais été sanctionné. Si cette loi est adoptée, ce sera le dernier clou dans le cercueil de la révolution, ou de ce qu’il en reste» s’inquiète Ben Mhenni.

Les membres de cette campagne affirment rappellent que les forces de l’ordre sont déjà bien protégées avec des lois qui existent depuis les années 80. La campagne ne voit aucun besoin d’en rajouter : « Il n’y a absolument aucune nécessité d’en rajouter », soulignent-ils. Ce projet de loi n’a qu’une justification : « Il ne s’agit pas de combattre le terrorisme. Les dirigeants au pouvoir veulent barrer la route à toutes formes de contestations et nous allons justement descendre, le 25 novembre à la rue en organisant une marche au centre-ville de Tunis pour barrer la route à cette loi scandaleuse »

Ce projet de loi est aussi un danger qui guette un des “acquis” de la révolution, à savoir la liberté de la presse : « Les journalistes qui n’auraient plus le droit de l’accès libre à l’information. Ils seraient emprisonnés en cas de publication de documents jugés confidentiels. Ils devront faire valider leurs publications avant l’impression “, avertissent les membres de la campagne. Le SNJT est catégoriquement contre l’adoption de ce projet de loi. Le porte-parole est clair à ce sujet : “C’est un pas vers l’instauration d’une nouvelle dictature et il est hors de question de revenir en arrière après tant de sacrifices”.

“Il faut défendre ce qui reste de la révolution. Cette loi est ridicule, tout comme la situation globale du pays. Elle est anti constitutionnelle. En l’absence d’un climat de confiance avec le peuple, les policiers seront encore plus en danger. Si cette loi est adoptée, la relation, déjà tendue, va encore plus se détériorer », souligne le député Ammar Amrousseya, qui ne manque pas de rappeler aux jeunes, que cette affaire est leur combat et qu’ils ne doivent pas commettre l’erreur de « compter sur l’ARP ».

Perplexe et remonté, Jawher Ben Mbarek a déclaré : “Je pensais que la loi de la réconciliation n’allait pas être adoptée, mais j’avais vu faux. Son adoption a ouvert le passage à de tels projets de loi et cette fois, si ça passe, ce sera l’enfer”. Il souligne qu’il y a des pressions quotidiennes sur les organisations non gouvernementales, ce qui veut dire que l’Etat a l’intention de d’avorter le processus démocratique entamé depuis des années”.

Ben Mbarek a ensuite dénoncé des pratiques intolérables. Pour lui, les syndicats des forces de sécurités qui sont apparues après la révolution, ont été fondés par « des agents corrompus qui veulent se protéger ». Nous n’avons rien contre le fait de défendre ses droits, mais nous sommes contre « l’hypocrisie syndicale », a-t-il conclu.

Traduzione in italiano da parte della redazione:

La campagna “Hassebhom” era già iniziata nel 2015. I membri, provenienti da diverse parti della società civile, mirano a far valere i diritti dei cittadini attaccati prima, durante e dopo la rivoluzione dalla polizia. Il movimento questa volta si è concentrato sul progetto di legge di repressione delle aggressioni delle forze armate, che “non deve in nessun caso essere adottato”.

“Che cosa dice questa legge? In breve: è un progetto contro le libertà. È un’umiliazione per la nuova Tunisia parlare di tali aberrazioni. Ricordiamo che i poliziotti sono in primo luogo cittadini che devono rispettare la legge come tutti gli altri. La nostra posizione non è azzardata e si basa su fatti concreti. Gli agenti corrotti hanno fondato questi sindacati per proteggersi. Chiediamo a tutte le forze della Tunisia di passare alla lotta contro questo disegno di legge semplicemente scandaloso”, ha detto Lina Ben Mhenni.

L’attivista, che tra l’altro ha ringraziato il SNJT che ha ospitato questa conferenza e ha chiesto: “Lo scenario esterno ricorda i periodi peggiori di Ben Ali. La polizia è ovunque, ma continueremo la nostra lotta”. Questo disegno di legge è, per Ben Mhenni, un insulto al corso della rivoluzione e un “nuovo colpo per il processo democratico”. Per lei, in quanto membri di questa campagna, questa legge non combatterà mai contro il terrorismo: “I terroristi non riconoscono lo Stato, quindi non è questa legge che li aiuterà a neutralizzarli”.

Ben Mhenni mette in guardia contro l’adozione di questa legge che, tra le altre cose, potrebbe consentire alle forze dell’ordine di “vendicarsi” per “problemi personali”. Spiega: “Se un cittadino ha una controversia con il suo vicino di casa poliziotto, può finire in prigione per cinque anni, senza essere in grado di contestare nulla, questo per dire circa la gravità della questione”.

La battaglia principale della campagna è quella di porre fine all’impunità dei poliziotti: “Infrangono le leggi quotidianamente, aggressioni negli stadi, violenza verso i cittadini per la strada, violenza sessuale, ma nessuno è mai stato punito. Se questa legge sarà approvata, sarà l’ultimo chiodo nella bara della rivoluzione, o ciò che ne rimarrà” si preoccupa Ben Mhenni.

I membri di questa campagna dicono che la polizia è già ben protetta dalle leggi esistenti dagli anni ‘80. La campagna non vede nessun bisogno nel rafforzarle: “Non c’è assolutamente bisogno di aggiungerne [un’altra n.d.t.] “, sottolineano. Questo disegno di legge ha una sola giustificazione: “Non si tratta di combattere il terrorismo. I leader al potere vogliono bloccare la strada a tutte le forme di contestazione e andremo giù in strada il 25 novembre organizzando una marcia verso il centro di Tunisi per bloccare la strada a questa legge scandalosa “

Questo disegno di legge è anche un pericolo che minaccia una delle “conquiste” della rivoluzione, vale a dire la libertà di stampa: “Giornalisti che non hanno più diritto al libero accesso alle informazioni. Sarebbero imprigionati in caso di pubblicazione di documenti ritenuti riservati. Dovranno convalidare le loro pubblicazioni prima di stampare”, avvertono i membri della campagna. Il SNJT è categoricamente contrario all’adozione di questo disegno di legge. Il portavoce è chiaro su questo:” È un passo verso l’instaurazione di una nuova dittatura ed è fuori questione tornare indietro dopo tanti sacrifici “.

“Dobbiamo difendere ciò che resta della rivoluzione, questa legge è ridicola, come lo è la situazione generale del paese, è anti-costituzionale, e in assenza di un clima di fiducia con la gente, la polizia sarà maggiormente a rischio. Se questa legge viene adottata, la relazione, già tesa, peggiorerà ulteriormente “, ha detto Ammar Ambroseya, che non manca di ricordare ai giovani, che questo caso è la loro battaglia e che non devono commettere lo stesso. errore di “affidarsi al PRA”.

Perplesso e adirato, Jawher Ben Mbarek ha dichiarato: “Pensavo che la legge della riconciliazione non sarebbe stata approvata, ma l’avevo vista sbagliata e la sua adozione ha aperto la porta a simili progetti di legge, e questa volta, se questa passa, sarà l’inferno”. Ha sottolineato che ci sono pressioni quotidiane sulle organizzazioni non governative, il che significa che lo stato intende abortire il processo democratico che va avanti da anni “.

Ben Mbarek ha quindi denunciato pratiche intollerabili. Per lui, i sindacati delle forze di sicurezza emerse dopo la rivoluzione, sono stati fondati da “agenti corrotti che vogliono proteggersi”. Non abbiamo nulla contro la difesa dei nostri diritti, ma siamo contro “l’ipocrisia sindacale”, ha concluso.

S.S.

Forum Tunisien Pour le Droits Economiques et Sociales sur l’Evacuation du camp de Choucha

TUNISIE : Evacuation du camp de Choucha

Par

FTDES

23/06/2017

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TUNISIE : Evacuation du camp de Choucha

 

Au lendemain de l’évacuation forcée et soudaine du camp de Choucha, le 19 juin 2017, les organisations signataires réitèrent leurs inquiétudes quant à la position adoptée par les autorités tunisiennes dans la gestion du dossier des personnes qui étaient encore présentes sur place. Il est impératif que des solutions respectueuses des droits fondamentaux soient trouvées pour toutes les
personnes évacuées.

 

L’acheminement précipité et forcé d’un groupe de 35 personnes vers Tunis dans des conditions déplorables et leur privation arbitraire de liberté à la gare de Tunis pendant toute la journée du 20 juin fait craindre des arrestations collectives, voire des opérations de déportations, comme ce fut le cas en décembre 2016 à la frontière avec l’Algérie.

 

Devant le refus des autorités à gérer la situation dans le respect des droits fondamentaux des personnes migrantes et réfugiées en accord avec les conventions internationales ratifiées par la Tunisie, notamment la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, la Convention de Genève relative au Statut des Réfugiés, la Convention Internationale contre la Torture, le Pacte International sur les Droits Civils et Politique, ainsi que la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, et devant le refus discutable du HCR d’examiner toutes les situations individuelles au regard du contexte actuel pour chaque personne, les organisations signataires appellent les autorités tunisiennes à :

 

  •     Garantir les droits fondamentaux des personnes concernées en termes d’accès à l’information, à un recours suspensif et à une aide juridique pour toute procédure engagée les concernant
  •     Adopter un cadre juridique national sur l’asile et la protection des réfugiés et le projet de loi sur les discriminations raciales
  •     Réviser la loi 2004-6 pénalisant les entrées et sorties irrégulières du territoire et établir un cadre légal sur les migrations respectueux des droits fondamentaux

 

Les organisations signataires appellent également les organisations internationales à :

 

  • A agir en urgence pour que les autorités tunisiennes adoptent un traitement équitable et respectueux des droits des personnes restées en Tunisie après la fermeture du camp.
  • Apporter assistance et aide aux personnes pour assurer la dignité de leurs conditions de vie (logement, eau, nourriture, soins)
  • Réexaminer les demandes d’asile

Devant les menaces graves de violations des droits de ces personnes, les organisations signataires se constituent en comité de vigilance et de suivi de la situation.

 

Organisations signataires

 

  1. Forum Tunisien pour les Droits Economiques et Sociaux
  2. Ligue Tunisienne pour la Défense des Droits de l’Homme
  3. Fédération des tunisiens pour une citoyenneté des deux rives
  4. Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT)
  5. Association citoyenneté et Libertés Jerba
  6. Association des Etudiants et Stagiaires Africains en Tunisie (AESAT)
  7. Union des Leaders Africains (ULA)
  8. Centre de Tunis pour la migration et l’Asile (CeTUMA)
  9. Association Tunisienne des Etudes Scientifiques sur la Santé, la Population et la Migration (ASPOMIS)
  10. Afrique Intelligence
  11. UTOPIA Tunisie
  12. Association Tunisienne de Défense des Droits de l’Enfant
  13. EuroMed Droits

https://ftdes.net/tunisie-evacuation-camp-de-choucha/

Maroc et la lutte du Rif: deux articles d’analyse interessants

LE RIF, RÉGION DE TOUTES LES RÉSISTANCES, D’HIER A AUJOURD’HUI!

Les luttes que les masses populaires du Rif mènent depuis maintenant plus de sept mois, ne peuvent pas être saisies à leur juste valeur sur un plan politique si l’on ne prend pas en compte le contexte historique dans lequel elles s’inscrivent. L’Histoire de cette région a de tout temps été faite de résistances et de combats, et ce depuis plusieurs siècles. Nous n’allons pas dans ce texte traiter de toutes les étapes de la lutte de ce peuple héroïque, mais nous allons centrer notre propos en particulier sur la période de l’émergence de cette résistance contre le colonialisme et contre le pouvoir Marocain réactionnaire en place.
LA GUERRE DU RIF, REVOLUTION RIFAINE, de 1917 à 1926
Cette révolution s’est développée sur plus de huit année, de façon continue et sous la direction du vaillant Abdelkarim ELKHATABI. Durant cette période, la résistance Rifaine s’est engagée dans une guerre populaire de longue haleine contre le colonialisme Espagnol, qui lui a porté des coups sans précédent en remportant plusieurs batailles clés comme celles d’Adahrane, d’Oubrane, de Sidi-Brahim et d’Anoual. Cette dernière bataille, la plus connue et la plus glorieuse, a été l’expression d’une véritable révolution populaire où toutes les couches du peuple Rifain ont pris part non seulement pour défendre leurs intérêts politiques, économiques et sociaux mais aussi dans une optique claire de libération nationale – le tout animé par un esprit libérateur pour tous les peuples de la région du joug du colonialisme et de ses valets locaux.
A travers cette révolution, Abdelkarim ELKHATABI est devenu pour tous les Marocains sans exception, un véritable héros et un résistant national. La tactique militaire pour laquelle il a opté afin de confronter l’ennemi est devenue une tactique militaire reprise chez bon nombre d’importants dirigeants et résistants du mouvement de libération nationale et révolutionnaire, à travers le monde, dans leur confrontation au colonialisme et à l’impérialisme, comme cela a été le cas pour MAO TSE-TOUNG, CHE GUEVARA et HO CHI MIN.
Qu’en a-t-il été ensuite ? Plusieurs forces impérialistes – la France, l’Espagne et l’Allemagne – se sont alliées entre elles, avec l’aide du régime royaliste valet, pour attaquer la révolution du Rif et mettre fin à toutes les formes de résistance qu’avait engendré cette dernière. La résistance Rifaine a alors été défaite et pour cela, le colonialisme Espagnol n’a pas hésité à utiliser des armes chimiques – en collaboration avec l’Allemagne – pour exterminer ces révolutionnaires. Encore aujourd’hui, nombreux sont ceux dans la région qui souffrent de maladies de peaux, de cancers et d’autres maladies imputables directement à l’usage des gaz utilisés alors.
Et pour autant, cette résistance n’a jamais cessé, aussi bien avant l’indépendance formelle qu’après cette dernière.
LES REVOLTES DU RIF durant les années 1958-1959
Juste après l’indépendance formelle, et au sein même de l’armée de libération nationale, les masses populaires du Rif ont continué à résister en clamant l’importance de poursuivre la lutte armée jusqu’à l’indépendance totale pour bouter définitivement hors du pays toutes les forces colonialistes et leurs valets locaux.
Parallèlement, la vie dans le Rif, après l’indépendance formelle, n’a connu aucun changement puisqu’ont perduré la politique d’exclusion des Rifains de toutes les administrations de l’Etat, la continuation de la politique de marginalisation et d’appauvrissement méthodique et systématique de la région et les interdictions de toutes les formes d’expression culturelle locale.
Le 17 octobre 1958 sont alors initiées de nouvelles révoltes qui prendront fin le 13 mars 1959. Ces dernières – échelonnées sur plus de 165 jours – s’appuyaient sur une plateforme revendicative claire de plus de 18 points, parmi lesquels était exigé :
– que soient chassées du territoire national toutes les forces colonialistes
– que soit constitué un gouvernement populaire
– que soit autorisé et effectué le recrutement de Rifains dans les administrations de l’Etat
– que tous les prisonniers politiques soient libérés
– le retour d’Abdelkarim ELKATABI au Maroc (rappelons qu’après la défaite de la révolution Rifaine,
ce dernier avait été exilé en Egypte)
S’ajoutaient à cette liste bien d’autres revendications sociales et culturelles – toutes laissées lettre morte par le régime qui au lieu de satisfaire ces revendications justes et légitimes du peuple Rifain, a choisi de mobiliser dans la région plus de 20 000 militaires surarmés, équipés d’un matériel considérable, et sous le commandement direct d’Hassan II, alors prince héritier, et du sanguinaire général Oufkir.
En février 1959, des avions pilotés par des pilotes Français ont bombardé et pilonné durant 10 jours des villages et des hameaux entiers du Rif. Les forces militaires, parallèlement, ont encerclé toute la région et perpétué les crimes les plus ignobles (viols, assassinats, arrestations, destruction systématique des biens et des habitations) conduisant à des centaines de morts, des milliers de blessés, des milliers de prisonniers et de mises en exil forcées.
Ces révoltes, menées par les héritiers d’Abdelkarim ELKHATABI, ont été dans la continuité de la révolution du Rif et du programme de la libération nationale, en cherchant à briser l’isolement et la marginalisation économique et politique de la région et à imposer la reconnaissance de la langue et de la culture locales.
LE SOULEVEMENT POPULAIRE de janvier 1984
En janvier 1984, une fois de plus, les masses populaires du Rif se sont confrontées à l’acharnement du régime réactionnaire et à ses politiques iniques planifiées contre ses fils et contre la région. A cette date ont ainsi été déclenchées des manifestations dans toutes les régions du Rif et dans toutes les couches de la société, et comme à son habitude, le régime les a réprimées par la violence militaire (interventions de chars, d’hélicoptères, de parachutistes). La population du Rif a, cette fois aussi, été bombardée, ce qui a entraîné plus de 400 morts, des centaines de blessés et des arrestations massives. Un couvre-feu sur toute la région a aussi été décrété pour une longue période.
Signalons enfin que les Rifains ont également participé activement au mouvement du 20 février en 2011 et ont payé là encore un lourd tribut puisque cinq jeunes manifestants de la région ont été brûlés vifs lors de ces événements. Ceux qui les ont assassinés n’ont, jusqu’à nos jours, toujours pas été inquiétés.
LES DERNIERS EVENEMENTS DU RIF du 28 octobre 2016 à mai 2017
Le 28 octobre, le jeune Mohsen FIKRI a été sauvagement assassiné en étant broyé dans un camion benne de ramassage des poubelles, après que les autorités aient confisqué toutes les marchandises de poisson de ce jeune vendeur ambulant. Suite à cet assassinat éhonté, plusieurs milliers de citoyens de la ville d’Hoceima sont sortis manifester pour dénoncer l’assassinat de ce jeune. Et parce que les condamnations prononcées à l’encontre des responsables de ce crime ont été d’une légèreté scandaleuse, les manifestations se sont propagées et élargies à toutes les régions du Rif, en se structurant toujours davantage pour finalement prendre un caractère continu, dégager une direction et s’appuyer sur une plateforme revendicative claire.
Les conditions économiques et sociales qui étaient les causes réelles du déclenchement de la révolution du Rif et des soulèvements populaires de 58, de 84 et de 2011, sont restées aujourd’hui les mêmes, et tout comme à l’époque, elles constituent encore maintenant un terrain fertile pour la révolte et son développement. Quelles sont ces conditions ? Rappelons-les brièvement.
La région du Rif connaît aujourd’hui :
– le taux de chômage le plus élevé du pays et en particulier pour le chômage des jeunes
– l’absence totale de tout projet de développement et une fragilité forte de la structure économique de la région ainsi appauvrie
– peu de structures de services sociaux et de santé publique (absence d’établissements d’enseignement supérieur, absence d’hôpitaux, de locaux pour le développement de l’artisanat, de maisons de la culture et de la jeunesse, etc., comme il peut en exister ailleurs)
– un isolement terrible depuis la guerre du Rif qui se caractérise principalement par des politiques qui visent à l’appauvrissement et à la marginalisation politique, économique, sociale et culturelle.
C’est pour aller à l’encontre de cette situation que les manifestants ont élaboré une plateforme de revendications justes et légitimes, comme autant de réponses pouvant conduire au redressement de l’état catastrophique et de misère absolue dans lequel se retrouve aujourd’hui la région et le peuple. Ces revendications ont différents volets. Outre des volets revendicatifs dans le secteur social, pour la santé publique, dans le secteur culturel et pour la reconnaissance de la langue, elles comportent :
1. un volet portant sur le droit afin d’exiger :
– que soient rejugés tous les responsables de l’assassinat du martyr Mohsen FIKRI
– qu’engagement soit pris et tenu pour que de tels crimes ne se reproduisent plus à l’avenir
– que soit faite toute la vérité sur le meurtre des cinq jeunes du 20 février brûlés vifs en 2011
2. un volet législatif afin d’exiger :
– que soit annulé le décret qui considère la région d’El Hoceima comme une région militaire d’exception, gérée par un commandement militaire propre et permanent
– la libération de tous les prisonniers politiques et le rétablissement de tous leurs droits
3. un volet économique afin d’exiger :
– que soient abandonnées toutes les politiques de marginalisation et d’isolement économique de la région et que par-là même cesse cet acharnement du régime marocain qui, par esprit de vendetta, a fait en sorte que le Rif soit exempt de tout développement des secteurs économiques clés et reste ainsi totalement sous la dépendance des autres régions du Maroc pour son approvisionnement.
Aujourd’hui, ce mouvement de luttes intenses continue dans toutes les régions du Rif, et ce malgré l’envoi massif de bataillons de militaires, malgré l’encerclement de la région par toutes les formes de polices, malgré la répression féroce et les arrestations en masse.
La réaction du peuple et des manifestants a été l’effet contraire recherché, avec l’accroissement des manifestations dans le Rif et la propagation de cette révolte à toutes les régions du Maroc puisque dans plus de 50 villes du pays ont été organisées jusque-là des manifestations pour soutenir et dénoncer la répression du régime Marocain.
Muntasser Elkhatabi
Fait à Rabat, le 31 mai 2017
Texte traduit de l’arabe par le Comité d’action et de soutien aux luttes du peuple Marocain

LES LUTTES DES MASSES POPULAIRES DU RIF SONT JUSTES ET LÉGITIMES !

JAMAIS LA RÉPRESSION DU RÉGIME RÉACTIONNAIRE NE POURRA ÉTEINDRE ÉTINCELLE RÉVOLUTIONNAIRE QUI ENFLAMME LA RÉGION DEPUIS SI LONGTEMPS !

Depuis plus de 7 mois, les masses populaires de la région du Nord du Maroc – le Rif révolutionnaire – mènent des luttes inlassables et continues, et ce depuis le lâche assassinat du jeune Mohsen FIKRI par les nervis du régime réactionnaire Marocain.
Ces luttes, jour après jour, se radicalisent et se généralisent dans toutes les villes et tous les villages du Rif, en s’appuyant sur une plateforme revendicative qui contient des revendications aussi bien dans le domaine économique que sur les plans politique, social et culturel. Ces revendications constituent la réponse juste et correcte à la politique de l’Etat réactionnaire qui a toujours mené une politique de marginalisation et d’isolement de la région – une politique de vengeance qui perdure depuis l’instauration de la République du Rif et qui s’est maintenue après les soulèvements de 1958-1959, de 1984 et du mouvement du 20 février de 2011.
Cette histoire Rifaine de résistance et de combat fait que le régime réactionnaire Marocain continue de se venger sur la population en menant des politiques d’appauvrissement méthodique dans le but d’asphyxier la région et de pousser ses fils à l’immigration forcée.
Le peuple du Rif – comme il l’a montré par le passé par ses luttes héroïques -, donne encore aujourd’hui des leçons de résistance et montre sa détermination à continuer sa lutte jusqu’à la victoire. Ni la répression, ni les attaques de bas étages comme celles qui circulent aujourd’hui (selon lesquelles les manifestants chercheraient à porter atteinte à la sûreté nationale ; selon lesquelles les dirigeants du mouvement seraient de connivence avec des forces ennemies à la Nation, chercheraient à œuvrer contre l’unité nationale et viseraient l’instabilité de cette dernière…) ne pourront atteindre la détermination des masses populaires du Rif dans leurs luttes. Bien au contraire : cet engagement se maintient et s’élargit chaque jour un peu plus pour toucher aujourd’hui toutes les régions du Maroc.
C’est pour cela que nous appelons toutes les forces éprises de justice et de démocratie, toutes les forces anti-impérialistes et toutes les forces révolutionnaires à apporter leur soutien inconditionnel aux luttes justes et légitimes des masses populaires du Rif et à condamner avec fermeté et force la politique réactionnaire de l’Etat Marocain.
VIVE LA LUTTE DES MASSES POPULAIRES DU RIF!
ARRÊT IMMÉDIAT DE LA MILITARISATION DE LA RÉGION DU RIF!
APPLICATION DE TOUTES LES REVENDICATIONS DES MASSES POPULAIRES DU RIF!
LIBERTE IMMEDIATE ET SANS CONDITION DE TOUS LES PRISONNIERS POLITIQUES DU RIF /!
A BAS LE REGIME ANTI-NATIONAL, ANTI-DEMOCRATIQUE ET ANTI-POPULAIRE MAROCAIN!
A BAS L’IMPERIALISME, LES ETATS REACTIONNAIRES ARABES ET L’ENTITE SIONNISTE!
Paris, le 01 juin 2017
Comité d’action et de soutien aux luttes du peuple Marocain

Après la violence policière, nouvelle manifestation des étudiantes à Tunis

Hier, le jeudi 14 Avril, les étudiants de droit ont répondu à la violence de la police du mardi et ils ont organiseé une autre manifestation sur l’avenue Bourguiba allant directement en face du ministère de l’Intérieur. Alors que le ministre de l’Intérieur démentait les assauts de la police sur les étudiants, de nouvelles violences a eu lieu à l’extérieur du ministère comme le montre cette vidéo postée par shems.fm: VIDEO

Depuis Tataouine, Kef: 430 ouvriers en chomage et en revolt

webdo.tn:

Suite a la fermeture officielle de l’usine de câbles Coroplast, 430 employés se retrouvent au chômage depuis ce jeudi 30 mars.

Ce jeudi 30 mars, voilà le paysage du Kef : manifestations, sit-in, affrontements avec les forces de l’ordre, gaz lacrymogène, blocage de la route périphérique de la ville reliant le Kef et Tunis.

Selon Fadhel Bedhiefi, vice-président de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH), 430 employés se sont retrouvés, du jour au lendemain, sans emploi. Une injustice dont a été alerté le Chef du gouvernement, Youssef Chahed.

L’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (Unap), l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica) et l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) ont ainsi envoyé une correspondance au chef du gouvernement dans ce sens.

Fadhel Bedhiefi indique que « Coroplaste a baissé progressivement son effectif de 1200 employés pour atteindre le chiffre de 430, que la société met aujourd’hui à la porte […] ».

Cette vagues de colère s’est propagée depuis le 29 mars lorsque les employés, en majorité des femmes, ont passé la nuit devant l’usine pour protester contre une décision aussi surprenante que brutale.

Ce matin, la police les a dispersés en faisant usage de gaz lacrymogène, mais les protestataires sont revenus sur les lieux pour revendiquer leurs droits.

Hier, la circulation a été bloquée sur la route périphérique de la ville, pour réclamer une solution à la crise que traverse l’usine. Selon un responsable syndical, le patron de l’entreprise, qui embauche 500 employés, cherche à fermer l’usine et à la transférer à Hammamet.

L’impérialisme chinois est de plus en plus présent dans le Maghreb arabe

L’impérialisme chinois est ces derniers temps de plus en plus présent en Afrique du Nord grâce à des investissements étrangers directs. nous publions deux articles relatifs au Maroc et en Tunisie montrant ce qui a été dit.
Les régimes arabes réactionnaires inféodés à l’impérialisme vendant des ressources nationales au plus offrant la promesse d’emplois, en espérant que ce soit une forme de filet de sécurité sociale pour éviter les soulèvements des peuples arabes, mais aussi dans quelques jours ce passage plus stratégie de la guerre populaire contre ces régimes inféodés à l’impérialisme devient la seule solution pour un véritable changement dans les conditions de vie du peuple

Article de l’Huffington post Tunisie:

Publié le: 22 mars 2017 à 11h36

La Chine choisit le Maroc pour un projet gigantesque !

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Le Maroc a signé une convention avec le groupe chinois Haite pour l’édification d’une «ville industrielle» près de Tanger, dans le nord du pays. Elle accueillera quelque 200 entreprises chinoises et devrait créer des milliers d’emplois.

Au cours d’une cérémonie présidée par le roi du Maroc, le 20 mars au palais de Tanger, les autorités marocaines ont signé une convention avec le groupe Haite, basé à Chengdu, dans le centre de la Chine, et présenté les grandes lignes de cette future «Cité Mohammed VI Tanger Tech», selon un journaliste de l’AFP.

Erigé sur 2 000 hectares et porté par la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Haite et le groupe marocain BMCE Bank, ce vaste projet fait suite à un mémorandum d’entente signé en mai 2016 au cours d’une visite officielle de Mohammed VI à Pékin.

Mobilisant une enveloppe d’un milliard de dollars, il consiste en «la construction d’un pôle économique capable de générer 100 000 emplois, dont un minimum de 90 000 emplois bénéficiera aux habitants de la région de Tanger», selon la présentation officielle.

«Les opérateurs économiques chinois sont à la recherche de plateformes compétitives. Et ils ont choisi le Maroc comme l’une de ces plateformes», s’est réjoui dans une déclaration à l’AFP le ministre de l’Industrie Moulay Hafid El Alamy. «Le premier coup de pioche sera donné durant le deuxième semestre de 2017» et l’édification de cette cité chinoise devrait durer dix ans, a-t-il ajouté.

Selon la présentation officielle, la «Cité Mohammed VI Tanger Tech» accueillera 200 entreprises chinoises des secteurs de la construction automobile, de l’industrie aéronautique ou encore du textile. «L’investissement total des entreprises dans la zone après dix ans atteindra dix milliards de dollars », a annoncé Li Biao, président du groupe chinois, cité par l’agence de presse officielle marocaine MAP.

F.T. d’après RT

Article de “Challenges.tn”:

Investissement : Le Groupe China Railway s’installe en Tunisie


le ministre de l’Industrie et du Commerce, Zied Laâdhari a annoncé le lundi que Le groupe China Railway, l’une des plus grandes entreprises de construction d’infrastructures et la fabrication d’équipements et de composants d’ingénierie, va ouvrir un bureau en Tunisie, au terme d’une rencontre avec une délégation d’investisseurs chinois, conduite par le président du conseil d’administration du groupe China Railway, Wei Yankun et le secrétaire général du projet chinois la nouvelle route de la soie, Hong Hong.

China Railway est le groupe qui se charge de la réalisation du projet « La nouvelle route de la soie », un projet titanesque qui consiste à construire des centaines de routes, de ponts et de chemins de fer reliant la Chine à l’Europe et à la Méditerranée.

Amnesty International et l’Organisation Tunisienne de Lutte Contre la Torture: un “sinistre rappel du regime”

Amnesty s’inquiète d’un retour des « méthodes brutales du passé »

Publié le 18 février 2017 par alinkad alahmar al arabi

Pour l’ONG, l’état d’urgence en place depuis novembre 2015 a fait se multiplier les violations des droits humains

Amnesty International s’inquiète d’une recrudescence « importante » de « méthodes brutales du passé » en Tunisie dans le cadre de la lutte antiterroriste, à la faveur notamment de l’état d’urgence, selon un rapport publié lundi 13 février.

L’unique pays rescapé du Printemps arabe a connu à partir de mars 2015 une série d’attaques jihadistes sanglantes qui ont fait plusieurs dizaines de morts. En réaction, les autorités ont pris un ensemble de mesures sécuritaires dont l’état d’urgence, en vigueur depuis l’attentat contre un bus de la garde présidentielle en novembre 2015 à Tunis (12 agents tués).

En « recourant de plus en plus aux lois d’exception » et aux « méthodes brutales du passé », la Tunisie met « en péril les avancées obtenues » depuis la révolution de 2011, prévient Amnesty International dans un rapport sur les « violations des droits humains sous l’état d’urgence ».

« Torture », « arrestations arbitraires », « perquisitions » parfois menées en pleine nuit et « sans mandat », « restriction des déplacements des suspects », « harcèlement de proches » : l’ONG fait état de « récits glaçants » qui, selon elle, marquent une « hausse inquiétante du recours à des méthodes répressives contre les suspects dans les affaires de terrorisme ».

« Un sinistre rappel du régime »

Ces témoignages constituent un « sinistre rappel du régime » de Zine el Abidine Ben Ali, poursuit Amnesty.

Elle précise avoir étudié « 23 cas de torture et mauvais traitements depuis janvier 2015 », dont un « viol »présumé. Elle relève aussi que « des milliers de personnes ont été arrêtées » tandis qu’« au moins 5 000 »autres « se sont vus interdire de voyager » depuis que l’état d’urgence a été réinstauré.

L’état d’urgence, prolongé le 17 janvier pour un mois, octroie notamment des pouvoirs d’exception aux forces de l’ordre.

« Certains droits, tels que l’interdiction de la torture, ne peuvent être suspendus en aucune circonstance », argue Amnesty International.

« Donner toute latitude aux organes chargés de la sécurité pour se comporter comme s’ils étaient au-dessus des lois ne permettra pas de garantir la sécurité », renchérit sa directrice des recherches pour l’Afrique du nord, Heba Morayef.

Au terme d’une mission ce mois en Tunisie, le rapporteur de l’ONU sur les droits de l’Homme et la lutte antiterroriste, Ben Emmerson, s’est dit « préoccupé » par les conditions de détention. Il a également indiqué avoir recommandé une plus grande « vigilance » vis-à-vis de possibles cas « de torture ».

Dans un récent rapport, un réseau d’ONG a pour sa part exhorté Tunis à revoir sa loi antiterroriste adoptée à l’été 2015.

Le Monde.fr avec AFP Le 13.02.2017

http://www.lemonde.fr/

Tunisie : 153 cas de torture, de violence et de mauvais traitement recensés en 2016

La présidente de l’Organisation Tunisienne de Lutte Contre la Torture (OTLCT), Radhia Nasraoui, a annoncé, mercredi 22 février 2017, que «153 cas de torture, de violence et de mauvais traitement ont été recensés » pour l’année 2016.
Lors d’une conférence de presse tenue hier pour présenter le rapport annuel de l’organisation, Radhia Nasraoui a révélé que parmi les autorités sécuritaires, c’est la police qui a commis le plus de violations contre les personnes en garde à vue, soit 60% des cas enregistrés, suivie des établissements pénitenciers (24%) et de la garde nationale (14%).
Radhia Nasraoui a, également, révélé que la torture représente plus de la moitié des cas, soit 59% des violations enregistrées, suivie du mauvais traitement (33%), de l’arrestation arbitraire (4%), de la mort suspecte (2%) et de la menace de viol (2%).Les violations se répartissent comme suit :
(36%) dans les postes de police, (25%) dans les prisons, (21%) dans les lieux publics et (5%) dans les postes de la garde nationale.
Le rapport annuel pour 2016 classifie les violations selon les catégories d’âge des victimes. En le lisant, on découvre que les victimes âgées de plus de 40 ans représentent 21% des cas enregistrés, alors que ceux âgés entre de 19 à 39 ans en représentent 74%, et ceux âgée de 14 à 18 ans 5%.
Radhia Nasraoui a, également, fait remarquer que les hommes touchés par ces violations représentent 86% des cas, alors que les femmes en représentent 14%.
Le rapport n’a pas manqué de repartir les violations sur l’ensemble des gouvernorats tunisiens. Le taux le plus élevé a échu au Grand-Tunis et à Bizerte, soit 62%, suivis des gouvernorats du nord-ouest (19%), et ce ceux du Cap Bon et du Sahel (7%).
Le rapport présenté par l’Organisation Tunisienne de Lutte Contre la Torture va dans le même sens des déclarations d’Avocats Sans Frontières, Amnesty International et l’ONU qui avaient récemment épinglé la Tunisie pour les multiples violations des droits humains qu’ils avaient pu enregistrer.

SOLIDARITE’ A GABES POUR AHMAD SA’ADAT POUR LES JOURNEES D’ACTIONS DU 13 AU 15 JANVIER 2017

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Lundi  à Gabes certains étudiants et militants politiques et sociaux se sont réunis lors d’une réunion sur l’histoire dela cause palestinienne et en particulier du FPLP. il était présent un ancien militant du mouvement en cause qui a partagé avec le public sa «mémoire historique». Après la réunion a été exprimé sa solidarité avec le prisonnier politique à l’occasion de la journée internationale de soutien.

Contestations sociales et affrontements avec la police a Maknessi et Ben Guardane

Hier, des affrontements ont éclaté entre les manifestants et la police dans deux régions du sud du pays: à Maknessi (gouvernorat de Sidi Bouzid) et dans la ville frontalière de Ben Guardane (gouvernorat de Mednine). différentes régions, mais mêmes raisons: promesses non tenues du gouvernement à la population de ces régions.

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A Maknessi après plus d’ un an de négociations concernant la capacité de travail des habitants de la région dans les mines de phosphate, la police a violemment attaqué un sit-in. Ensuite, ils ont éclaté des affrontements entre manifestants et policiers toute la nuit avec des barrages routiers et jetant des pierres en réponse aux gaz lacrymogènes de la police.

photos: page fb “Maknessi revolution”

La direction locale de l’UGTT après l’attaque de la policee aux travailleurs  a immédiatement arrêté les négociations et a appelé à une grève générale dans la ville pour la journée d’aujourd’hui.

photos: page fb “Maknessi revolution”

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A Ben Guardane, ou la principale activité économique est le commerce transfrontalier, après les promesses de soutien économique et le développement de Mars dernier, suite à la bataille de Ben Guardane entre les djihadistes et les forces de sécurité, certains commerçants exaspérés par la fermeture du passage de Ras à la frontière Jadir par la partie tunisienne, ils ont attaqué le poste de police local. Les commerçants ont eté rejoint da le diplômes chomeur et même  ici les affrontements a duré toute la nuit.

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Aujourd’hui, le journal “embedded” La Presse a criminalise  ces mouvements sociaux agitant toujours le spectre du terrorisme. Citant des sources de sécurité “inquiet” et pour le septième anniversaire de la «révolution» (plus précisément, revolt populaire) au sud et voir si les tensions sociales en particulier à Sidi Bouzid, Kasserine Ben Guardane et peuvent causer instabilité dan le pays et faciliter les attaques terroristes, “distrayant” les forces de sécurité:

La Presse 1

La Presse 2

Donc, la «réponse» aux demandes sociales légitimes est toujours le même: la répression policière et la criminalisation, à la fois justifiée par le “état persistant d’urgence», une contradiction dans les termes, car il est “une urgence” au cours de quelques années …